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Bonnets rouges : un point de vue marxiste

Sans se reconnaître complètement dans l’article publié ci-dessous (sur le site « Vosstanie »), nous avons souhaité le diffuser pour une raison évidente : il apporte un regard particulier sur les manifestations de  Carhaix et de Quimper. Loin des descriptions « classiques » des partis ou des organisations politiques qui le plus souvent idéalisent « la classe ouvrière », l’article rédigé par des marxistes anti-léninistes (proches du communisme de conseils) souligne la confusion entretenue par les différents protagonistes au détriment de l’avenir même du monde ouvrier. Critique à l’égard des bureaucraties syndicales, critique à l’égard des patrons, critique à l’égard des partis, nous aimons sans y adhérer totalement, lire une prose qui en quelques mots, balaie les arguments des uns et des autres, ceux -là mêmes qui prétendent aider le prolétariat. Sans arrières-pensées bien sûr.  Avouons-le, il y a bien cette notion d’autonomie qui nous plaît tant à nous autres libertaires.

 

Autonomie ouvrière ou confusion régionaliste ?

Ce qui est intéressant avec le Comité pour le maintien de l’emploi en Centre-Bretagne c’est que cela aurait pu être une tentative de dépassement du carcan syndical par la base, une auto-organisation ouvrière qui aurait pu aboutir à une autonomie de classe loin des débilités nationalistes séparatistes des uns ou du jacobinisme outrancier des autres. Mais en ne démarquant pas une ligne de séparation nette entre les intérêts ouvriers et les intérêts des capitalistes, les ouvriers bretons ont marqué par la même les limites d’un contenu social et donc géographique. La faute à qui ? A ces ouvriers mêmes ? On oublie de signaler que parmi ceux-ci il y a tout un panel de positions : des positions « classistes » oui, jusqu’à ceux qui jouent clairement les larbins de leur patron. La faute à qui alors ? Le mouvement breton trouve ses limites … dans son isolement géographique même : c’est l’ensemble du prolétariat hexagonal et plus qui aurait du faire irruption dans la lutte pour lui donner une dimension « classiste » réelle. Tandis qu’ailleurs les ouvriers attaquent les bureaux du Medef, assiègent les réunions d’actionnaires, la manifestation de Quimper établissait l’alliance entre les exploiteurs et les exploités.