Archives par mot-clé : front national

En Algerie en 1957_ Jean-Marie Le Pen a torturé _Médiapart _A l_air libre_

19 janv. 2024 À l’air libre
Lors de la bataille d’Alger en 1957, le fondateur du Front national, aujourd’hui Rassemblement national, a torturé. Dans « À l’air libre », l’historien Fabrice Riceputi documente les preuves, en dialogue avec Malika Rahal, directrice de l’Institut d’histoire du temps présent.
 
 
 
 
 
 

Décembre 1956, le jeune député Jean-Marie Le Pen est à Alger. Engagé volontaire, il participe aux premiers mois de l’opération militaro-policière visant à éradiquer le nationalisme algérien connue sous le nom de « bataille d’Alger ». A-t-il alors pratiqué la torture ?

Lui-même le revendiquera à son retour en France pour ensuite, dès ses premiers succès électoraux, le nier et poursuivre en diffamation quiconque osera exhumer ce passé.

Fabrice Riceputi réunit pour la première fois l’ensemble d’un dossier historique particulièrement accablant mais resté jusqu’ici dispersé. Récits de victimes et de témoins, rapports de police, enquêtes journalistiques et archives militaires : il examine la crédibilité des sources qui accusent et de celles qui tentent de dédouaner ce lieutenant pas tout à fait comme les autres. Il reconstitue ainsi une chronologie et une géographie de son séjour algérien et met en lumière les racines idéologiques colonialistes trop souvent négligées d’un parti politique aujourd’hui aux portes du pouvoir.

..

.

.

 

 

 

.

 

 

 

.

 

 

.

 

 

.

 

.

 

..

 

 

.

 

 

..

 

 

 

 

.

 

 

..

 

 

..

 

 

…

 

..

 

 

 

 

 

..

 

 

 

 

 

…

 

 

 

 

 

..

 

 

 

 

..

 

 

 

 

..

 

 

 

.

 

 

.

 

 

 

.

 

 

.

La gauche dite «républicaine» au service de la xénophobie ou du racisme.

Jacques Rancière : « Les idéaux républicains sont devenus des armes de discrimination et de mépris »

Entretien paru dans « l’Obs » du 2 avril 2015.

L’OBS: Il y a trois mois, la France défilait au nom de la liberté d’expression et du vivre-ensemble. Les dernières élections départementales ont été marquées par une nouvelle poussée du Front national. Comment analysez-vous la succession rapide de ces deux événements, qui paraissent contradictoires?

Jacques RancièreJacques Rancière : Il n’est pas sûr qu’il y ait contradiction. Tout le monde, bien sûr, est d’accord pour condamner les attentats de janvier et se féliciter de la réaction populaire qui a suivi. Mais l’unanimité demandée autour de la «liberté d’expression» a entretenu une confusion. En effet, la liberté d’expression est un principe qui régit les rapports entre les individus et l’Etat en interdisant à ce dernier d’empêcher l’expression des opinions qui lui sont contraires.

Or, ce qui a été bafoué le 7 janvier à «Charlie», c’est un tout autre principe: le principe qu’on ne tire pas sur quelqu’un parce qu’on n’aime pas ce qu’il dit, le principe qui règle la manière dont individus et groupes vivent ensemble et apprennent à se respecter mutuellement.

Mais on ne s’est pas intéressé à cette dimension et on a choisi de se polariser sur le principe de la liberté d’expression. Ce faisant, on a ajouté un nouveau chapitre à la campagne qui, depuis des années, utilise les grandes valeurs universelles pour mieux disqualifier une partie de la population, en opposant les «bons Français», partisans de la République, de la laïcité ou de la liberté d’expression, aux immigrés, forcément communautaristes, islamistes, intolérants, sexistes et arriérés.

On invoque souvent l’universalisme comme principe de vie en commun. Mais justement l’universalisme a été confisqué et manipulé. Transformé en signe distinctif d’un groupe, il sert à mettre en accusation une communauté précise, notamment à travers les campagnes frénétiques contre le voile. C’est ce dévoiement que le 11 janvier n’a pas pu mettre à distance. Les défilés ont réuni sans distinction ceux qui défendaient les principes d’une vie en commun et ceux qui exprimaient leurs sentiments xénophobes.

Continuer la lecture de La gauche dite «républicaine» au service de la xénophobie ou du racisme. →

Comment sortir de la haine : grand entretien avec Jacques Rancière

Le philosophe Jacques Rancière revient sur les causes des dérives identitaires de type religieux que connaît la France. Une catastrophe qui doit être combattue par la politique. Entretien.

L’OBS. Un an après Charlie, deux mois après l’attaque du Bataclan, comment voyez-vous l’état de la société française? Sommes-nous en guerre?
Jacques Rancière. Le discours officiel dit que nous sommes en guerre puisqu’une puissance hostile nous fait la guerre. Les attentats commis en France sont interprétés comme les opérations de détachements exécutant chez nous des actes de guerre pour le compte de l’ennemi. La question est de savoir quel est cet ennemi.
Le gouvernement a opté pour la logique bushienne d’une guerre à la fois totale (on vise la destruction de l’ennemi) et circonscrite à une cible précise, l’État islamique. Mais, selon une autre réponse, relayée par certains intellectuels, c’est l’islam qui nous a déclaré la guerre et met en oeuvre un plan mondial pour imposer sa loi sur la planète.Ces deux logiques se rejoignent dans la mesure où, dans son combat contre Daech, le gouvernement doit mobiliser un sentiment national, qui est un sentiment antimusulman et antiimmigré. Le mot «guerre» dit cette conjonction.

Continuer la lecture de Comment sortir de la haine : grand entretien avec Jacques Rancière →