Sophie Djigo, professeure de philosophie et chercheuse, a été visée par une campagne de diffamation et de cyberharcèlement orchestrée par des réseaux d’extrême droite ayant conduit à des menaces de mort, à l’annulation d’un projet pédagogique et à une série de procédures judiciaires. Elle vient de publier L’extrême-droite contre les profs, ouvrage à plusieurs voix, qui mêle récits, analyses et plaidoiries et met au jour les ressorts de ces nombreuses campagnes de haine ciblant les professeurs.
Après le meurtre de Pengo Bossio Wangi vendredi 23 octobre par un militant d’extrême droite dans un attentat raciste à Trappes, nous avons une nouvelle illustration du danger que représente l’extrême droite. Le temps est à la colère face à la normalisation du racisme et de l’islamophobie qui se déversent à longueur d’antenne et de discours. Mais aussi au sursaut collectif.
Bossio Wangi est mort vendredi dernier à Trappes, parce qu’il était noir. Il avait 26 ans, il a été visé par un attentat raciste. Cinq autres personnes ont été blessées, dont une fille de 12 ans, hospitalisée dans un état grave.
Le tireur a déclaré qu’il voulait “venger les commerçants pillés” le 17 octobre en s’en prenant “aux noirs et aux arabes”, une information révélée par Le Monde.
Le temps est à la colère, légitime et politique, face à la normalisation du racisme et de l’islamophobie qui se déversent à longueur d’antenne et de discours. Une indignation que partagent nos invité.es, animé.es d’un désir de sursaut.
Une émission présentée par Samia Dechir, préparée avec Raphaël Gribe Marquis et Mathieu Mialaret.
Avec :
Seydi Ba, avocate pénaliste au barreau de Paris, auteur de “Comme on traverse un feu, ce que la robe exige” aux éditions JC Lattès ;
Kadiatou Doukara, infirmière à Trappes, ville où elle a grandi. A porté les premiers gestes de secours à Pengo Bossio Wangi juste après l’attentat ;
Hanane Karimi, maîtresse de conférence en sociologie à l’université de Strasbourg, autrice de “Petit manuel de lutte contre l’islamophobie” aux Editions du Commun ;
Ali Rabeh, maire de la ville de Trappes depuis 2020 ;
Fanny Vial, avocate pénaliste.
À l’air libre
L’émission de Mediapart en accès libre présentée par Mathieu Magnaudeix et Samia Dechir. Retours sur enquêtes, reportages, débats… « À l’air libre » décrypte l’actualité en vidéo. Le fond de l’air est rance, ouvrons les fenêtres !
Mediapart n’a qu’une seule ressource financière : l’argent issu de ses abonnements. Pas d’actionnaire milliardaire, pas de publicités, pas de subventions de l’État, pas d’argent versé par Google, Amazon, Facebook…
➡️ Pour nous aider à enrichir notre production vidéo, soutenez-nous en vous abonnant à partir de 1 euro : https://abo.mediapart.fr/abonnement/decouverte
➡️ Si vous êtes déjà abonné·e ou que vous souhaitez nous soutenir autrement, vous avez un autre moyen d’agir , le don : https://donorbox.org/mediapart
➡️ Inscrivez-vous à nos newsletters ! https://info.mediapart.fr/renderers/page_inscription
Le fascisme est-il vraiment un vestige du passé ? Alors que l’extrême droite est donnée favorite pour l’élection présidentielle de 2027, trois spécialistes, l’historien Johann Chapoutot, le sociologue Ugo Palheta et la constitutionnaliste Eugénie Mérieau, nous alertent sur les menaces qui pèsent sur l’État de droit.
Treize invitations à Renaud Camus dans une émission de France Culture. Personne n’a appelé ça un choix politique : c’était du pluralisme. Sylvain Bourmeau, dont l’émission vient d’être débranchée par la même maison, en a tiré un livre sur la mécanique. À Québec, Catherine Dorion a passé 2025 à noter ce qui se défaisait autour d’elle, puis à relire ceux qui, avant elle, avaient vu venir : elle en a tiré un livre sur ce qui tient debout. Ils sont au Poste, ensemble.
Au Poste retourne le réel Pour défendre les libertés et nourrir le débat public 100 % libre et LIVE. Sans montage ni formatage
► Soutenez #AuPostehttps://auposte.media/soutien Dons et abonnements à partir de 2€, annulables à tout moment et déductibles des impôts (66%) au nom du pluralisme de la presse
Les thèses d’extrême droite ont contaminé l’ensemble de la classe politique, estime le philosophe. Et la logique du barrage ne parviendrait qu’à les renforcer. Dans « les Trente Inglorieuses », il analyse les causes de cette dérive. Entretien.
« Après la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’Union soviétique, beaucoup crurent au triomphe solide des démocraties. Philosophe influent en France et aux Etats-Unis, Jacques Rancière, lui, a très tôt perçu les failles et les dangers de ce nouvel ordre du monde. Esprit original, ancien élève d’Althusser et militant de la Gauche prolétarienne, il travaille sur l’articulation de l’art, de la politique et la pensée de l’émancipation. Défenseur de « ceux qui ne sont rien », il publie cette semaine « les Trente Inglorieuses », recueil des interventions qu’il a consacrées à la vie politique de 1991 à 2021. De la guerre du Golfe à l’actuelle pandémie, en passant par les « gilets jaunes », il y dissèque nos pulsions inégalitaires et s’élève contre le discrédit jeté sur les luttes sociales et les mouvements d’émancipation.