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LE FASCISME EST DE RETOUR – Blast – Ugo Palheta

BLAST  LE SOUFFLE DE L’INFO –  Ugo Palheta
 

10 oct. 2026 #fascisme #capitalisme #UgoPalheta

 
Dans ce premier épisode Ugo Palheta interroge le retour du fascisme. On a beaucoup craint le retour de la « bête immonde » mais on n’a pas pris garde à l’avertissement de Brecht : c’est le « ventre fécond » qu’il fallait surveiller, le ventre du capitalisme impérial, racial et patriarcal.
 
Les extrêmes droites ont ainsi progressé presque partout au cours des 10 dernières années, non pas en se « normalisant » mais en se radicalisant dans bien des cas, si bien que c’est le « normal » qui s’est extrêmisé.
 
Ainsi ont émergé de nouveaux fascismes, dont la fonction est d’assurer la conservation, par tous les moyens, de l’ordre capitaliste et de toutes les oppressions qui en sont constitutives.
 
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Auteur : Ugo Palheta
Montage : Mélanie Ciais
Réalisation : Mathias Enthoven
Son : Baptiste Veilhan, Théo Duchesne
Graphisme : Morgane Sabouret, Margaux Simon
Production : Hicham Tragha
Directeur du développement des collaborations extérieures : Mathias Enthoven
Co-directrice de la rédaction : Soumaya Benaïssa
Directeur de la publication : Denis Robert
 
 
 
 
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David Graeber : « Nos institutions sont antidémocratiques »

«La pensée libertaire est historiquement hostile à l’État »

Entretien inédit pour le site de Ballast :  http://www.revue-ballast.fr/david-graeber/

Économiste et anthropologue américain, David Graeber est également professeur à la London School of Economics — ses positions libertaires valurent à celui que le New York Times présente comme l’un des intellectuels «les plus influents » du monde anglo-saxon d’être remercié de l’université Yale, en 2007. Auteur de Dette, 5000 ans d’histoire, cette figure du mouvement Occupy Wall Street s’attache, dans chacun de ses ouvrages, à démanteler les prétendues vérités propagées par l’imaginaire et la pensée dominante. Dans son dernier essai, Bureaucratie, Graeber renverse un nouveau paradigme et énonce ce qu’il appelle la « loi d’airain du libéralisme» : «Toute réforme de marché, toute initiative gouvernementale conçue pour réduire les pesanteurs administratives et promouvoir les forces du marché, aura pour effet ultime d’accroître le nombre total de réglementations, le volume total de paperasse et l’effectif total des agents de l’État.» Nous nous sommes donné rendez-vous lors de son dernier passage à Paris. Entretien dans un petit hôtel de la capitale.

Vous expliquez que la « science économique » tente de légitimer le fait d’être au service de l’idéologie libérale, qui n’est que « passion », par une extrême rationalité bureaucratique. Diriez-vous que le libéralisme est une religion qui dispose de ses propres dogmes, pratiques et morale, mais que sa légitimité ne repose que sur des croyances ?

Oui. C’est une des choses fascinantes avec l’économie… Prenons le marché : il sait. On ne peut pas aller à son encontre. Mais si on demande aux économistes ce qu’est le marché, ils répondront : « Eh bien, c’est un modèle, cela n’existe pas vraiment. » Ce sont les premiers à admettre que c’est une chose qui a été construite. Et c’est contre-intuitif d’imaginer ce que serait le monde si chacun agissait rationnellement, en détenant une information parfaite. C’est comme s’ils reconnaissaient ainsi avoir créé une idéalisation de toutes pièces, une sorte d’image divine, alors qu’ils l’ont évidemment créée dans l’idée que c’était une chose réelle.

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