Fin août 1944, la « bande au bossu », faux maquis au service de la Gestapo, arrête des résistants près de Sedan et les conduit à la grotte de Gaulier pour les tuer.
En août 1944, à l’approche de la Libération, une dizaine d’hommes dirigés par Pierre Paoli s’installent près de Sedan, dans le bois d’Illy-Olly. Se présentant comme un maquis agissant pour le compte des Américains, ils gagnent la confiance de la population et des résistants. En réalité, ce groupe, surnommé « la bande au bossu », est un faux maquis travaillant pour la Gestapo. Le 29 août 1944, il accompagne les forces allemandes et participe à l’arrestation de résistants. Les prisonniers sont ensuite conduits comme otages à la grotte de Gaulier, où ils subissent le sort réservé par leurs geôliers. Cette affaire constitue l’un des épisodes les plus tragiques de la répression menée dans les Ardennes à la veille de la Libération.
À l’opposé d’un maquis, la bande est en vérité un groupe d’action de la Sipo-SD (la police de sécurité allemande) et ses membres, tous français, sont issus du parti collaborationniste franciste. Le cerveau de la bande, Pierre Paoli, commis du Trésor, est devenu, pendant l’Occupation, membre de la Gestapo de Bourges.
Ses chefs lui ont confié la direction de ce faux maquis, pour mener une opération d’infiltration et démanteler la Résistance sedanaise. Le 29 août, la bande arrête une dizaine d’individus, les torture et les exécute dans la grotte de Gaulier avant de fuir vers l’Allemagne.
Un seul otage, Georges Cablat, en ressort miraculeusement vivant. Entre le 28 et le 29 août, la bande au bossu a fait 19 victimes et traumatisé une population qui avait cru voir arriver des héros venus les libérer du joug nazi.
Liliane Oudart, fille du chef résistant FFI Marcel Léonard
Fabrice Grenard, historien
Michel Choinet, frère d’une victime du massacre de la grotte de Gaulier
Bibliographie
Fabrice Grenard, Maquis noirs et faux maquis (éditions Vendemiaire, 2011)
Philippe Lecler, Article 75 : La Collaboration et sa répression dans les Ardennes, 1940-1948 (éditions CreateSpace Independent Publishing Platform, 2014)
Fin août 1944, la « bande au bossu », faux maquis au service de la Gestapo, arrête des résistants près de Sedan et les conduit à la grotte de Gaulier pour les tuer.
En août 1944, à l’approche de la Libération, une dizaine d’hommes dirigés par Pierre Paoli s’installent près de Sedan, dans le bois d’Illy-Olly. Se présentant comme un maquis agissant pour le compte des Américains, ils gagnent la confiance de la population et des résistants. En réalité, ce groupe, surnommé « la bande au bossu », est un faux maquis travaillant pour la Gestapo. Le 29 août 1944, il accompagne les forces allemandes et participe à l’arrestation de résistants. Les prisonniers sont ensuite conduits comme otages à la grotte de Gaulier, où ils subissent le sort réservé par leurs geôliers. Cette affaire constitue l’un des épisodes les plus tragiques de la répression menée dans les Ardennes à la veille de la Libération.
En août 1944, alors que la libération semble imminente, un groupe d’une dizaine de combattants dont un ancien boxeur et un bossu, arrive près de Sedan, dans le bois d’Illy-Olly, devenu lieu de randonnée. Avec à sa tête Pierre Paoli, il se présente comme un maquis missionné par les Américains.
Avec l’aide du maire et des gens du coin, le groupe de combattants installe son cantonnement dans le bois d’Illy-Olly et entreprend de nouer des liens avec la Résistance locale. Ils font bientôt une démonstration de leur force en attaquant un camion allemand et gagnent la confiance de la population
La bande au bossu prétend être en mission ; elle aurait été désignée par les Alliés pour désorganiser le front allemand, rechercher des terrains de parachutage et préparer l’arrivée des Américains – un discours crédible dans le contexte chaotique de la fin de l’été 1944 où l’on attend la libération.
Dès les premiers jours, des volontaires des environs décident de se rallier à leur cause. Mais le 28 août, tout bascule : on retrouve les corps de ces nouvelles recrues et d’autres victimes alors que la bande a pris la route de Sedan. Le lendemain matin, les allemands encerclent le hameau de Floing…
Liliane Oudart, fille du chef résistant FFI Marcel Léonard
Fabrice Grenard, historien
Michel Choinet, frère d’une victime du massacre de la grotte de Gaulier
Bibliographie
Fabrice Grenard, Maquis noirs et faux maquis (éditions Vendemiaire, 2011)
Philippe Lecler, Article 75 : La Collaboration et sa répression dans les Ardennes, 1940-1948 (éditions CreateSpace Independent Publishing Platform, 2014)