Guy Debord Michele Bernstein Asger Jorn 1960

Nuits magnétiques : l’Internationale situationniste

Les Nuits Magnétiques, l’émission culte de France Culture, a consacré quatre moments à l’Internationale Situationniste en mai 1996.

Ces belles nuits radiophoniques sont un chef d’oeuvre radiophonique, il est en effet difficile de ne pas être sensible au récit des débuts de Guy Ernest Debord. De sa découverte du Traité de bave et d’éternité, le film d’Isidore Isou, à Cannes en 1951, à ses rencontres avec des types dangereux. De ses provocations à ses virées avec ses copains, dérives dans le Paris des années 50, du bistrot de la mère Moineau, rue Dufour, aux quartiers chinois, espagnol ou algérien.

A la recherche de vin, de haschisch, de sensations fortes, de délires pas toujours très minces. Première nuit. Debord l’a rappelé souvent: au commencement de l’IS, il y a moins la théorie qu’un appétit de jeu, de voyage, de conflit et d’aventure. Une faim que la société moderne standardisée, aseptisée, ne permet pas d’assouvir.

C’est ce que rappelle le premier épisode des Nuits magnétiques avec notamment le témoignage de Jean-Michel Mension, enfant d’Aubervilliers et copain de fin d’adolescence de Debord.

La deuxième nuit évoque la création de la revue Potlatch, les premières effervescences théoriques, la vie en bande mais aussi le refus entêté de la sclérose, les insultes lancées contre les ennemis, qu’ils soient bourgeois ou révolutionnaires à la retraite. Nous sommes au temps de la fin de la guerre d’Indochine et du début de la guerre d’Algérie.

Le troisième nuit nous fait souvenir qu’à sa création, en juillet 1957, l’Internationale situationniste est un confluent entre théoriciens (Debord et ses copains) et artistes révolutionnaires (le Danois Asger Jorn, le Hollandais Constant). La quatrième nuit opère une sorte de compression entre l’évocation de la jeunesse de Debord (via le témoignage de Marc’O) et l’analyse enjouée et critique de son oeuvre et de son action par le philosophe italien Toni Negri. Qui parle à son propos de lucidité et de passivité hargneuse.

A bâtir un récit qui ne pouvait se conclure que sur cette belle phrase de Debord dite par lui-même: «Il n’y aura pour moi ni retour ni réconciliation. La sagesse ne viendra jamais».

Libé : https://www.liberation.fr/medias/1996/05/07/france-culture-22h40-nuits-magnetiques-l-internationale-situationniste-jusqu-a-vendredi-les-copains-_172346/

 

01 Renverser le monde – Télécharger le son 

 

02  Rien n’est vrai,  tout est permis – Télécharger le son 

 

03 Notre société est basée sur le mensonge – Télécharger le son 

 

04 La sagesse ne viendra jamais – Télécharger le son